Et nous jetterons la mer derrière vous

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L’association Transversale a organisé le 21 février 2017  la projection du film « Et nous jetterons la mer derrière vous » en présence des coréalisateurs Jeanne Gomas  et Clément Juillard. Le film donne la parole à des migrants rencontrés en Turquie et en Grèce.

 

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Le titre est poétique et rappelle un geste ancestral. Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, on souhaite aux voyageurs « que la route leur soit ouverte » on jette de l’eau derrière celui qui voyage pour qu’il revienne en bonne santé.

Dans le film,  Sidiqi, Aziz, Younes et Houssine ont quitté l’Afghanistan ou le Maroc, pour des raisons économiques ou politiques. Ils racontent leurs parcours à travers la mer, la terre et les frontières. Ces frontières que les réalisateurs nous invitent subtilement à remettre en question au fur et à mesure du film.

L’idée de ce film est née d’une convergence des luttes entre des militants. La démarche des quatre jeunes coréalisateurs, Anouck Mangeat, Noémi Aubry, Clément Juillard et Jeanne Gomas, vient de leur engagement  auprès des réfugiés et des sans-papiers,  à Paris et Montreuil. Cet engagement les poussent à voyager, à refaire le parcours inverse des quatre hommes présents dans le film. Tout au long du film, on découvre des lieux de passage à l’abri des trajets touristiques. Le film combine des images en Super 8 et en DV. L’effet granuleux des images donne une profondeur au film et met en évidence l’omniprésence des paysages naturels face aux barrières et zones frontalières humaines.

Le film est poétique, les témoignages se superposent aux images de paysages. Des informations nous sont données à chaque nouvelle étape du voyage des réalisateurs. On découvre l’île de Lesbos (lieu de passage important des migrants venant de Turquie) et le centre de détention qui fait régulièrement la une des journaux télévisés. À travers des gestes et des paroles, on recompose des fragments de vie des quatre hommes. Les réalisateurs nous amènent, à travers la poésie de ce film, à déconstruire l’image que l’on a des ‘migrants’. Derrière cette dénomination, on découvre des parcours de vie, des individus avec leur singularité, avec leurs espoirs et leurs rêves.