Alice Diop

with Pas de commentaire

Le 17 Octobre 2017, le premier ciné-club de l’association Transversale débute en accueillant la cinéaste Alice Diop, ancienne étudiante du Master Image et Société de l’Université d’Evry, avec la projection de son film de fin d’études, Mon père, ici et là, et de son dernier film, Vers la tendresse.

Alice et greg 2-R

Alice Diop est une réalisatrice et scénariste franco-sénégalaise, née à Aulnay-sous-Bois. Elle a fait des études d’Histoire, un DEES en sociologie visuelle – ancien Master Image et Société de l’université d’Evry, a participé à des nombreux ateliers de film documentaires, et a été réalisatrice pour L’Oeil et la Main (France 000005). D’après ses mots, elle ne conçoit pas ses films à partir des thématiques précises, mais à partir des singularités, des gens qu’elle rencontre et auxquels elle donne une voix. Ces individus sont sortis de la proximité d’Alice Diop, du département où elle vit (Seine-Saint-Denis), ou même de la plus proche proximité, tel son premier film Mon père, ici et là, sur son propre père. L’appartenance à un même territoire fait que ces films sont souvent mis dans la catégorie de films de banlieue. Mais son désir est de raconter la diversité culturelle, combattre les idées reçues pour faire avancer la société, en utilisant un biais artistique et humain.

 

VERS LA TENDRESSE V3

 

La mort de Danton (2011) suit la métamorphose de Steve Tientcheu, un jeune homme d’une cité de la Seine St Denis  à un tournant de sa vie : en septembre 2008, il décide subitement de changer sa vie et commence de cours de théâtre au cours Simon.

Avec La Permanence (2016), Alice Diop a suivi pendant un an  la permanence du Docteur Geeraer, un médecin généraliste qui consulte deux fois par semaine et sans rendez-vous des migrants à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Elle n’a pas voulu faire un film militant, mais un  qui offre tout simplement l’occasion au spectateur d’être témoin à de instants de la vie de ces hommes, dans un contexte où on a rarement la chance de les voir. En partant de leurs douleurs physiques se révèle leur douleur existentielle, leur situation et leur vécu.

Vers la tendresse (2016), son dernier film qui a reçu le César du Meilleur court métrage, montre l’approche humaniste et documentariste d’Alice Diop. Au départ elle est allée à la rencontre de quatre jeunes hommes qui vivent dans la banlieue Parisienne, en tant que documentation pour la réalisation d’un film de fiction. Elle voulait donner la voix aux ces hommes sur le sujet de l’amour, un sujet peu traité, même dans la vie quotidienne. Elle est si fascinée par ces rencontres qu’elle décide d’utiliser les voix enregistrés dans une docu-fiction très poétique.

 

Pour son prochain projet, elle adaptera le livre « Les passagers de Roissy-Express », de François Maspero, qui a fait une randonnée autour de la ligne du RER B. En reprenant ce chemin, Alice Diop   tente de montrer les tourments et les tensions qui agitent en ce moment la société française, mais en regardant  de la périphérie.

La fin de la projection de ses deux films, dans le cadre du ciné-club Transversale, était suivie par une session de questions et réponses avec la cinéaste. Les étudiants du Master Image et Société ont eu l’occasion d’apprendre directement d’Alice Diop tout le processus par lequel elle est passée afin de réaliser ses films : à partir des repérages, le travail avec les personnages, la collaboration étroite avec le reste de l’équipe de tournage, jusqu’à  la production et diffusion du film.